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Analyseur d'accords ou relevé à la main : que choisir ?

7 min de lecture

Il y a deux façons d'obtenir les accords d'une chanson que vous voulez jouer. Vous pouvez vous asseoir avec l'enregistrement et les chercher à l'oreille, comme les musiciens le font depuis un siècle, ou coller un lien dans un analyseur d'accords et avoir toute la grille sous les yeux avant la fin de l'intro. Les musiciens se disputent pour savoir laquelle est la « bonne ». La réponse honnête, c'est que ce sont deux outils différents pour des moments différents, et que les meilleurs instrumentistes utilisent les deux.

Ce que fait réellement chaque méthode

Le relevé à la main. Vous écoutez, vous trouvez la tonalité, vous fredonnez la basse, vous testez des accords sur votre instrument contre l'enregistrement et vous notez ce qui colle. Une bonne oreille y arrive en deux ou trois passages ; un débutant y passe un après-midi et laisse encore des points d'interrogation. Ce que vous produisez, c'est une grille que vous comprenez entièrement, parce que vous avez pris chaque décision qu'elle contient.

Un analyseur d'accords. L'enregistrement est analysé par un modèle entraîné sur des milliers de morceaux aux accords connus. Il renvoie la tonalité, le tempo et une frise chronologique des changements d'accords, généralement affichée face à l'audio pour que vous entendiez chaque accord au moment où il est nommé. L'analyseur d'accords Mazmazika montre aussi les accords sur un clavier de piano et sur des diagrammes de guitare ou de ukulélé, permet de boucler une section et de transposer, et peut ouvrir le morceau dans un mixeur avec la voix retirée. Ce que vous obtenez, c'est un brouillon fait en une minute, par un système qui n'a aucune idée de ce que raconte la chanson mais qui a entendu bien plus d'accords que vous.

Précision

C'est en général là que la dispute commence, alors voici un bilan honnête.

  • Là où les analyseurs sont forts. Les accords parfaits majeurs et mineurs en pop, rock, folk, gospel, country et chanson d'auteur, à tempo normal et avec une basse claire. Sur ce répertoire, un bon analyseur nomme les accords correctement la plupart du temps et, surtout, place le timing juste, ce que les débutants trouvent le plus difficile à l'oreille.
  • Là où les analyseurs butent. Les voicings jazz denses, où un accord peut être étiqueté de plusieurs façons également valables ; les changements très rapides ; les guitares fortement saturées qui brouillent l'harmonie ; les morceaux très réverbérés ; et les lignes de basse qui marchent à contre-courant des accords, ce qui peut tirer l'étiquette vers la note de basse. Les extensions et les renversements (une neuvième, un accord slash) sont nommés quand le modèle est sûr de lui et simplifiés quand il ne l'est pas.
  • Là où votre oreille est forte. Le contexte. Vous savez que le pont module sans doute, qu'un accord est un retard qui se résout au temps suivant, que la mélodie du chanteur sous-entend une septième que la guitare ne joue pas. Vous entendez aussi l'intention : un accord qui est techniquement un C/E peut fonctionner comme un Em, et vous notez ce que la chanson veut dire.
  • Là où votre oreille est faible. La vitesse, le timing et la fatigue. La plupart des apprenants se trompent sur au moins un accord dans une boucle de quatre, et presque tout le monde place mal les changements par rapport au temps.

Traitez la sortie d'un analyseur comme un très bon premier jet, et traitez votre premier relevé à l'oreille de la même façon. Aucun des deux n'est parole d'évangile.

Rapidité

Il n'y a pas match. Un analyseur livre une frise complète en une minute environ pour un morceau typique ; un relevé à la main prend de dix minutes à une séance entière. S'il faut jouer la chanson ce soir, l'analyseur est le bon outil. Si vous avez un mois devant vous et que vous voulez progresser, la voie lente est précisément l'objectif.

Ce que chaque méthode vous apprend

Chercher les accords à l'oreille est le meilleur exercice qui soit pour entendre l'harmonie. Chaque accord que vous trouvez vous-même renforce le lien entre un son et un nom, et c'est ce lien qui vous permettra un jour de jouer sur un morceau que vous n'avez jamais entendu. N'utiliser qu'un analyseur vous apprend les chansons, pas la compétence.

Mais l'analyseur est lui aussi un professeur si vous l'employez comme tel. Devinez d'abord les accords, puis vérifiez. L'écart entre votre hypothèse et le résultat est un retour précis, instantané, portant exactement sur les accords que vous n'entendez pas encore. C'est la même boucle que celle de l'outil d'entraînement de l'oreille, appliquée à de la vraie musique.

Coût et frictions

Le relevé à la main coûte du temps et de la patience. Analyser un morceau demande un enregistrement accessible (un lien YouTube ou SoundCloud, ou un fichier audio) et une formule qui couvre sa durée ; les moteurs et les durées de piste inclus dans votre formule sont indiqués en direct sur la page de l'analyseur, sous « Free vs Pro ». Si le morceau fait partie des 180 000 de la bibliothèque d'accords, les accords y sont déjà et s'ouvrent librement.

Une méthode de travail qui utilise les deux

La plupart des musiciens en activité finissent par adopter à peu près ceci :

  1. Trouvez d'abord la tonalité à l'oreille. Chantez la note de repos et vérifiez-la sur un clavier, comme décrit dans comment trouver la tonalité d'une chanson. Cela prend trente secondes et ancre tout le reste.
  2. Devinez la grille. La plupart des morceaux utilisent l'une des grilles d'accords les plus courantes. Notez votre hypothèse en chiffrage romain pour le couplet et le refrain.
  3. Lancez l'analyseur et comparez. Là où vous êtes d'accord, passez à la suite. Là où vous divergez, bouclez cette mesure dans l'analyseur, jouez les deux candidats sur votre instrument contre l'enregistrement et tranchez avec vos oreilles. Vous aurez parfois raison, le modèle parfois aussi ; les deux cas vous apprennent quelque chose.
  4. Simplifiez ou enrichissez à votre goût. L'analyseur affichera peut-être un Cmaj7 là où vous voulez un C simple, ou un G nu là où le disque a clairement un G7. La grille est la vôtre ; ajustez-la à la façon dont vous allez réellement jouer le morceau.
  5. Travaillez avec la frise. Jouez pendant que les accords défilent, ralentissez le passage et bouclez les changements que vous ratez. C'est le timing, et non le nom des accords, qui fait qu'une reprise sonne juste.

Au bout de quelques mois de ce régime, vous remarquerez que l'analyseur confirme vos hypothèses de plus en plus souvent, et c'est bien le but. L'outil a fait son travail quand vous en avez moins besoin.

Quand se passer complètement de l'analyseur

  • Vous préparez une épreuve d'oreille ou une audition où vous devez relever à l'oreille.
  • Le morceau est simple et vous l'entendez déjà ; le noter vous-même va plus vite que n'importe quel outil.
  • Vous travaillez des voicings jazz, où les étiquettes comptent moins que les notes précises choisies par un pianiste : un enregistrement plus une boucle ralentie vous apprennent davantage que n'importe quel nom d'accord.

Quand se passer du relevé à l'oreille

  • Il vous faut trente morceaux pour un mariage d'ici vendredi.
  • Vous êtes enseignant et préparez des grilles pour vos élèves : le temps est mieux investi dans le cours.
  • Le morceau est dans un style que vous n'entendez pas encore (jazz dense, R&B complexe), et un brouillon fiable vous fait entrer dans la musique plus vite qu'un après-midi de frustration.

Les deux méthodes vous mènent au même endroit : une chanson que vous savez jouer et, à terme, une oreille qui n'a plus besoin d'aide. Prenez la rapide quand le temps compte et la lente quand la progression compte, et laissez chacune vérifier l'autre.

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